Comment évaluer la valeur d’une entreprise ?

13 mai 2022 - Comptabilité

Vous songez à vendre ou à acheter une entreprise ? Vous êtes simplement curieux de connaître combien vaut votre projet ? C’est toujours utile de savoir comment on calcule la valeur d’une entreprise.

Nous avons jasé avec Guillaume Baudin, président et fondateur d’OLOÏD, pour déterminer comment faire.

BAIIA normalisé : essentiel pour calculer la valeur d’une entreprise

La première chose qu’il faut savoir, c’est que la valeur de l’entreprise est souvent calculée sur le BAIIA. C’est quoi ? C’est le bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement.

On soustrait les intérêts, les impôts et l’amortissement, car ce sont des éléments qui n’ont pas d’impact sur la capacité de votre entreprise à générer des profits.

Calculer votre BAIIA normalisé permet donc d’évaluer la capacité de l’entreprise à générer du cash.

Pourquoi ça s’appelle le BAIIA normalisé? Lors du calcul, votre comptable devra faire des ajustements pour enlever les éléments exceptionnels et “normaliser” le BAIIA.

Quels éléments sont exclus du BAIIA ?

Les éléments exceptionnels exclus du BAIIA peuvent compter :

  • Frais liés à une acquisition
  • Refonte des processus d’affaires
  • Évaluation des inventaires
  • Gain ou perte sur vente d’actifs
  • Coûts reliés à une grève, une fraude ou une catastrophe naturelle
  • Frais de déménagement

Votre mode de rémunération et la valeur d’une entreprise

En ajustant le BAIIA, on enlève les avantages des actionnaires et les rémunérations supérieures ou inférieures à la juste valeur marchande. Ce dernier point mérite qu’on s’y attarde…

En effet, quand votre comptable normalise le BAIIA pour évaluer la valeur de votre entreprise, il enlève le salaire de l’actionnaire et le remplace par un salaire équivalent à quelqu’un qu’on embaucherait à l’externe.

Un exemple. Vous êtes actionnaire et vous retirez des dividendes ?  Cela n’a aucun impact sur le BAIIA, alors qu’en réalité, c’est possible que tout votre bénéfice soit mangé par la valeur de votre travail (salaire externe).

Vous êtes un actionnaire à salaire ? Imaginez que vous vous versez un salaire de 200K $, alors que votre travail réel vaut 100K $. Votre comptable ajustera le BAIIA et ça aura un impact sur la valeur de votre entreprise.

De même, si vous versez un salaire de seulement 50K $, alors que qu’en réalité, votre travail vaut 100K $, votre comptable devra le prendre en compte en évaluant la valeur de votre entreprise.

La pondération

Une fois que votre comptable a calculé le BAIIA, il pourrait pondérer certaines années pour leur donner plus de poids dans l’équation.

Par exemple, en calculant la valeur d’un établissement de restauration, on fera sûrement une moyenne de 5 ans, mais on pondèrera pour donner plus d’importance aux années précédant la COVID-19. Le résultat de l’évaluation du restaurant sera donc plus proche de sa valeur en temps “normal”.

Également, certains autres facteurs affectent le calcul de la valeur de l’entreprise

La présence d’une relève, le taux de roulement des employés et la qualité de l’équipe de gestion sont extrêmement importants.

Lorsqu’on prend tous les facteurs en compte, on se retrouve avec un BAIIA multiplié par 2 à 6 fois, selon l’entreprise.

Achat ou vente à l’horizon ?

Si vous évaluez la valeur de votre entreprise en vue de vendre ou d’acheter, rappelez-vous que l’achat, la fusion ou la vente d’une entreprise est une transaction très complexe. Consultez TOUJOURS un professionnel lorsqu’une entreprise change de mains.

Notons que les facteurs liés à la motivation du vendeur (vente de l’entreprise telle quelle, acheteur issu d’un marché connexe, synergie entre l’acheteur et l’entreprise) ne sont pas des facteurs de négociation du prix.

Par contre, d’autres facteurs peuvent faire partie de l’entente.

Le rendement futur

Les deux parties peuvent s’entendre sur une clause de performance dans le contrat de vente. Ils s’entendent sur un BAIIA avec un multiplicateur de 2 ou 3 (donc assez bas). Par contre, si l’entreprise atteint un seuil de revenus au cours d’une certaine période, l’acheteur s’engage à bonifier l’offre.

Le fond de roulement

L’acheteur paie un certain montant qui inclut un fond de roulement suffisant. Il ne devrait pas avoir à aller chercher du financement supplémentaire pour couvrir les besoins immédiats de l’entreprise. Ce serait comme acheter une voiture avec un réservoir d’essence à sec. Pas agréable du tout !

Ainsi, on prend en compte l’historique du fond de roulement dans le calcul de la valeur de l’entreprise. On additionne le cash, les comptes à recevoir, les stocks, les frais payés d’avance. Ce sont les actifs court terme. Puis, on soustrait le passif court terme : fournisseurs, taxes ou bonus à payer, déductions à la source…

Les dettes

Le fonds de roulement est insuffisant ? L’entreprise a des dettes à long terme ? Ces facteurs auront un impact sur l’évaluation de l’entreprise, voire sur le financement accordé par la banque. Certaines banques exigent même que le vendeur rembourse en totalité ses dettes à même le prix de vente.

Pour les dettes, le calcul est très simple. Si l’entreprise est vendue pour 1M $, avec 250k $ de dettes, on s’entend que la valeur des actions est de 750K $.

Vous voulez faire évaluer la valeur de votre entreprise par des professionnels ? Besoin de conseils pour l’achat, la fusion ou la vente d’une entreprise ? OLOÏD est là pour vous guider à travers cette transaction complexe.